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Au Fil des Pages

Au Fil des Pages

De la lecture au fil des jours...

Catégorie : Essais

Vous aimez avoir peur ?

Chimère — — Stephen Kingessaislitterature americaine
Vous aimez avoir peur ?
Vous aimez avoir peur ?

De quoi ça parle ?

Du genre horrifique sous toutes ses formes, films, livres (le second tome Pages Noires, est axé sur la littérature), B.D, séries télé, et de considération sur le genre.

Pourquoi ce livre ?

Aparté autobiographique : Alors que je tentais de me motiver à faire baisser ma P.A.L (Pile à Lire), plantée devant la dite pile, mon œil a été attiré sur les deux tomes d’Anatomie de l’horreur par Stephen King, alignés bien sagement sur leur étagère. Et j’ai eu l’envie irrésistible de les relire. Mais non, non, j’étais partie pour choisir une lecture de ma P.A.L, je n’allais pas craquer pour un livre déjà lu. Non pas moi, j’allais résister à la tentation et tenir ma résolution. Deux minutes plus tard, toute résolution bue, sans honte et sans regret, je me plongeais avec délice dans les premières pages d’Anatomie de l’horreur (non ce n’est pas un roman).

Est-ce que c’est bien ?

Je dois vous avouer un truc. J’adore les préfaces ou postfaces de Stephen King. Je les lis toutes sans exception alors que c’est rarement vrai pour d’autres auteurs. Il a LE truc pour vous rendre passionnant les inspirations de ses histoires, leurs constructions ou parfois sa petite notule autobiographique. Du coup, deux tomes de sa plume de réflexion sur le fantastique et l’horreur, c’est le bonheur.

D’abord, comme il le dit lui-même, ceci n’est pas une thèse ou une somme de connaissance absolue et incontestable. Le fantastique, le genre horrifique, avant d’en écrire, Stephen King en a d’abord consommé et sous toutes ses formes. C’est en amateur et professionnel du genre qu’il tente d’établir un panorama aussi complet que possible de ce qu’il a à offrir, mais aussi d’expliquer pourquoi on aime se faire peur, sans oublier la case autobiographique (très sympathique au demeurant).

Vous avez envie de faire exploser votre liste de films ou de livres ? Vous voulez savoir ce que donnaient les feuilletons radiophoniques dans le domaine ? Vous tenez à avoir quelques histoires résumées de films ou d’épisodes de séries télé à vous faire dresser les cheveux sur la tête ou à vous retourner l’estomac, voire les deux ? Je ne saurai trop vous conseiller cette petite bible personnelle de l’auteur qui contient une bibliographie impressionnante si vous avez envie d’aller plus loin.

Un extrait ?

La Couronne de cuivre [de Ira Levin] est un excellent suspens raconté avec vigueur ce qui est déjà rare, mais ce qui est encore plus rare c’est que ce bouquin (…) contient des surprises authentiquement surprenantes…et qu’il est invulnérable aux agissements d’un type de lecteur particulièrement lamentable, LE LECTEUR QUI REGARDE LES TROIS DERNIERES PAGES POUR VOIR COMMENT ÇA FINIT.
Vous êtes-vous déjà rendu coupable de ce crime ? Oui vous ! C’est à vous que je parle ! Ne cherchez pas à vous défiler ! Avouez ! (…) Si oui, mon sens du devoir m’impose de vous dire trois mots (…) : HONTE SUR VOUS ! C’est déjà bien lamentable d’écorner la page d’un bouquin pour la marquer, mais REGARDER LES DERNIERES PAGES POUR VOIS COMMENT ÇA FINIT C’est encore plus bas. Si jamais vous avez cette manie, je vous ordonne d’en guérir et tout de suite.*

*J’ai toujours rêvé de publier un roman où il manquerait les trente dernières pages. Pour les obtenir, le lecteur serait obligé d’envoyer à l’éditeur un résumé détaillé du livre jusqu’au point où sa lecture s’est arrêtée. Voilà qui règlerait une bonne fois pour toutes, le cas de ces gens qui REGARDENT LES DERNIERES PAGES POUR VOIR COMMENT ÇA FINIT

Anatomie de l'horreur- Stephen King

Quelle note ?

4/5

 

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Monstres en séries

Chimère — — Amandine PriéJoël Bassagetessaislitterature francophone
Monstres en séries

 

De quoi ça parle ?

De monstres et de séries télé. Je suis super explicite aujourd’hui.

Pourquoi ce livre ?

Il était dans ma lettre au Père Noël car le thème me plaisait et je l’ai donc trouvé sous mon sapin.

Est-ce que c’est bien ?

Lu d’une traite et avec enthousiasme. Du fantôme au zombie en passant par le vampire, le loup-garou, les créatures mythologiques, les robots, les extraterrestres, et même le monstre à visage humain, rien n’est oublié de leurs évolutions et la façon dont ils sont représentés dans les fictions télévisées. J’aime d’autant cette lecture, qu’il y a quasiment une référence à Buffy environ tous les chapitres. Tant et si bien, que j’ai été tentée pendant toute ma lecture de me jeter sur mon intégrale de la série pour me faire un marathon intensif. Je me suis retenue mais ce fut difficile. Agrémenté d’iconographies en rapport accompagnées de légendes souvent marrantes, (j’aime beaucoup la réflexion posée sur cette photo du livre Hamlet de Shakespeare traduit en Klingon) ce livre est comme d’habitude dans cette collection des éditions Les Moutons Electriques à la fois un bel objet et un texte vraiment intéressant et instructif donnant matière à réflexion en tout cas. A tenter si vous êtes sériephiles.

Un extrait ?

Les monstres ne vivent plus au fond d’un placard dans une chambre d’enfant. S’ils ont depuis longtemps investi les studios d’Hollywood, ils n’ont pas pour autant déserté nos foyers : depuis l’avènement de la télévision commerciale, au milieu du siècle dernier, ces créatures de tout poil squattent le petit écran et suscitent des réactions contradictoires mais rarement indifférentes. Car le monstre est avant tout cet être qui s’écarte de la « norme », qui fait rire ou nous inquiète, qui nous fascine et nous terrorise, menace l’humanité, révèle sa fragilité. Le monstre nous fait homme et trimballe avec lui son propre regard sur nos contradictions, nos erreurs et nos zones d’ombre, nous poussant à redéfinir sans cesse ce qui finalement nous distingue de lui.

Créatures ! Les monstres des séries télé - Amandine Prié, Joël Bassaget

Quelle note ?

4/5

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Mode d'emploi princier

Chimère — — Nicolas Machiavellittérature italiennelitterature classiqueessais
Mode d'emploi princier

Cette lecture manquait à ma culture générale. C’est maintenant chose faite. J’ai vu, j’ai lu, j’ai tout compris et même que j’ai vraiment apprécié. Je n’irai pas jusqu’au coup de cœur, mais comparé à L’art de la guerre de Tsun Zu, c’est tout de même plus lisible et digeste et surtout le sujet est plus intéressant.

J’avais un peu peur de ce livre mais en fait c’est très accessible et surtout compréhensible. En résumé : Macchiavel c’est un gars qui ne se fait aucune illusion sur la nature humaine. Et quelque part c’est rassurant. Et puis c’est un gars sympa plein de bons conseils du genre : un bon ennemi est un ennemi mort si possible avec toute sa descendance et ses éventuels alliés afin d’éviter les vengeances mesquines, ne pas tenir ses promesses est une nécessité si elles sont susceptibles de vous affaiblir, et il est possible voire parfois recommandé d’aller à fond dans le sordide, les coups tordus bien dégueulasses, mais mieux vaut ne pas étaler sa vilénie sur une trop grande période de temps. Et en plus il explique les choses en donnant des exemples historiques forcément, ça pose bien le propos. J’aime tout particulièrement ce passage qui me paraît plutôt logique et frappé au coin du bon sens :

 

Bien des gens ont imaginé des républiques et des principautés telles qu'on n'en a jamais vues ni connues. Mais à quoi servent ces imaginations ? Il y a si loin de la manière dont on vit à celle dont on devrait vivre, qu'en n'étudiant que cette dernière on apprend plutôt à se ruiner qu'à se conserver ; et celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne peut manquer de périr au milieu de tant de méchants.

[Je dédie ce passage à Ned Stark personnage du Trône de fer qui aurait vraiment dû le lire].

Le Prince - Nicolas Machiavel

 

Autant vous dire que si vous prévoyez de vous lancer dans une quelconque conquête du pouvoir ce texte va vous être très utile.

Sur cela s'est élevée la question de savoir s'il vaut mieux être aimé que craint, ou être craint qu'aimé ?
On peut répondre que le meilleur serait d'être l'un et l'autre. Mais, comme il est très difficile que les deux choses existent ensemble, je dis que, si l'une doit manquer, il est plus sûr d'être craint que d'être aimé.

Le Prince - Nicolas Machiavel

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Quand le roman policier rencontre l'histoire

Chimère — — littérature francophoneessais
Quand le roman policier rencontre l'histoire

Quand j’ai vu le livre sur le rayon consacré aux policiers à la bibliothèque, je m’en suis saisie rapidement. Un essai sur un de mes genres de prédilection, pensez donc ! Impossible de laisser passer ça. Et j’ai eu raison. Parce que j’ai dévoré l’ouvrage en très peu de temps et je songe même à me l’offrir (peut-être s’il sort en version poche).

 

La première partie aborde le genre proprement dit : qui en écrit et pourquoi, comment le genre est-il perçu, quels sont les points communs de ces nouveaux détectives, quels sont les secrets de fabrication d’un polar historique et d’autres questions passionnantes avec les réponses d’auteurs, de critiques, de lecteurs lambdas, ou de directeurs de collections.

 

La seconde partie se centre sur le genre par rapport à la discipline historique. A quel point ces romans sont-ils justes par rapport aux époques traitées, pourquoi faire sciemment des anachronismes, quels points communs peuvent avoir l’historien et le détective ?

 

Si on ajoute à cela une liste non exhaustive de 125 titres histoire de plomber encore plus sa petite liste à lire, des adresses de sites à consulter, plus d’autres ouvrages bibliographiques, le tout est donc très complet et m’a donné envie de redonner leurs chances à quelques séries dont je n’étais pas forcément convaincue de leurs intérêts.

 

Seul truc qui gêne, les révélations de certaines fins de ces romans notamment les noms des coupables ou des révélations sur le héros qui vont forcément gâcher la lecture de celui qui n’a pas lu les livres concernés (Maisie Dobbs, L’aliéniste et l’Ange des ténèbres notamment). Sans doute, les auteurs ont-ils pensés que leurs lecteurs avaient lu l’intégralité de la production avant de les lire eux. C’est dommage mais cela ne gâche pas pour autant le travail vraiment bien pensé et passionnant à lire.

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Une femme vivant de sa plume au moyen âge

Chimère — — essaislitterature francophone
 Une femme vivant de sa plume au moyen âge

Première femme de lettres ayant vécu de sa plume Christine de Pizan (1363-1430) fille d’un médecin italien du roi de France Charles V entra dans l’histoire lorsqu’à 22 ans, devenue subitement veuve et sans ressources avec ses trois enfants à charge, elle décida d’assumer un métier d’homme et de se consacrer à l’écriture plutôt que d’entrer au couvent ou de se remarier (Note de l’Editeur)

Parfois, les biographies permettent de faire des découvertes intéressantes. Christine de Pizan, je connaissais la poétesse et quelques uns de ses poèmes que j’ai lu (si ! si ! je vous assure) mais j’ignorai totalement qu’elle s’était essayée à plusieurs genres littéraires de son époque (jusqu’à un traité de l’art des tournois) ni qu’elle dirigeait probablement un atelier d’écriture et d’enluminure pour l’édition de luxe de ses œuvres et qu’elle en vivait de façon relativement confortable. L’auteur offre également une idée du contexte politique, social et économique dans lequel a évolué Christine ce qui permet de se faire une idée du personnage et de ses œuvres.

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